CGT Finances Publiques Gironde

Service Public en 2010 : l’exemple du Blayais.

jeudi 11 mars 2010 par webmestre

Pendant la guerre, et à l’issue de celle-ci, notamment au sein du Conseil national de la Résistance, une large réflexion sur le service de l’Etat, ses exigences patriotiques, démocratiques et professionnelles, a abouti au statut de 1946. Le nouveau statut fixe les garanties fondamentales des fonctionnaires, au nombre desquelles figurent la liberté d’opinion et l’égalité des sexes. Il fera l’objet d’une importante refonte en 1958, puis en 1983-1984 et 1986, sans que soient pour autant remis en cause les principes affirmés en 1946. Mais alors quid du service public en 2010 ?

Finances Publiques

En avril 2009, les usagers Blayais ont pu assister à l’ouverture d’un Service Impôts aux Particuliers (S.I.P.) dans les locaux de l’ancien Centre des Impôts. En effet la fusion entre les impôts et le Trésor Public s’est matérialisée par cette création, plongeant ainsi les usagers dans le flou le plus total.
Avant on déclarait ses impôts aux Centre des Impôts et quand on voulait payer quelque chose (impôts, facture d’hôpital, de cantine, etc) on allait au Trésor Public. « Pour vous faciliter l’impôt », comme l’intitule notre direction locale, on a regroupé tout ce qui concerne les impôts dans un S.I.P. et on a tout appelé « Centre des Finances Publiques ». A Blaye vous avez donc deux centres des Finances Publiques ! Très facile pour l’usager de savoir à quelle adresse il doit aller quand il doit se rentre à son Centre de Finances Publiques.
A l’ancien Centre des Impôts, le S.I.P. a été mis en place pendant la campagne de déclaration de l’impôt sur le revenu alors que les travaux n’étaient même pas finis. De plus, les agents qui faisaient des métiers différents ont été regroupés sans même avoir eu de formation. Dans de telles conditions, comment répondre correctement aux demandes des usagers ?
De plus la mise en place d’une si grosse structure laisse présager de la fermeture des petites « trésoreries » de proximité comme celle de Bourg par exemple. Rappelons qu’en 2008, il était encore question de la fermer. Pour combien de temps a-t-elle été sauvée ? On peut se demander aussi ce que va devenir la « trésorerie » de Blaye qui assure la comptabilité des communes et de l’hôpital et qui s’est retrouvée dépourvue de son secteur impôt (humainement cela représente 2 agents de moins) ?
Dans la fonction publique un départ en retraite sur deux est remplacé, que va donc devenir la petite « trésorerie » de Blaye dont le personnel s’amoindrit au fil du temps. La loi sur la mobilité qui ne garantie plus aux fonctionnaires la sécurité de l’emploi, conduira peut-être la direction des finances publiques à fermer la trésorerie et à envoyer ses agents dans d’autres postes…ou pointer au pôle emploi !

Pôle Emploi

Puisque les fusions sont d’actualités, le gouvernement, assoiffé de réformes, n’a pas oublié de fusionner l’ANPE et l’ASSEDIC. Deux entités totalement différentes et pourtant les agents ont dû apprendre à cohabiter.
Vous aurez remarqué que depuis cette fusion, le pôle emploi ressemble à une fourmilière dans laquelle on aurait mis un grand coup de pied : c’est l’affolement général. Les usagers ne savent plus à qui s’adresser et les délais d’attente ont explosés. Du côté des agents, c’est le stress le plus total. Pas de formation, des plannings de rendez-vous surchargés et pas de bureau personnalisé. Comment faire du travail correct et aider les personnes en difficulté quand on traite un dossier en 15 minutes parce qu’il y a encore 10 personnes qui attendent derrière ! Retour de la pause déjeunée, quelqu’un a pris le bureau, il faut donc rassembler ses dossiers parmi ceux de son collègue nouvellement installé et aller chercher un autre bureau où recevoir les usagers. Tout simplement scandaleux ! Les agents et les usagers sont considérés tout bonnement comme du bétail !

Tribunal d’Instance

Les médias qui ont pourtant longtemps montré les fonctionnaires comme des nantis changent aujourd’hui leurs fusils d’épaule. Peut-on considérer les employés du Tribunal de Blaye comme des privilégiés quand on les a invités à aller travailler à des kilomètres de chez eux parce que le Tribunal devait fermer ses portes ? Quant aux usagers, le service aussi sera rendu à des kilomètres de chez eux. Pour une petite affaire il faudra désormais se rendre à Libourne mais il en sera de même pour des cas plus difficiles en matière de tutelle par exemple.
Nous savons tous que le Blayais est durement touché par la pauvreté et beaucoup d’usagers devaient avoir affaire au Tribunal également pour qu’on les aide à monter des dossiers de surendettement. Ces personnes qui n’ont pas les moyens de dépenser beaucoup dans les transports se trouveront bien naturellement pénalisées par ce manque de proximité.

Poste & Télécom

La proximité, voilà une des notions essentielles du service public qui se meurt un peu plus chaque jour. Auparavant, on entrait à La Poste ou au Télécom par un concours et on était au service du public. Votre facteur vous connaissait bien et à l’occasion il pouvait vous rendre des petits services. Aujourd’hui, le concours n’existe plus et les fonctionnaires sont en voie d’extinction. On recrute sous contrat précaire et le personnel joue les bouches trous !
Le visage du facteur change tout le temps et il est tellement débordé de travail puisque bien souvent il fait deux tournées en une, qu’il n’a même pas le temps d’échanger quelques paroles avec les personnes isolées.
Les petits bureaux de poste ferment à tour de rôle et la nouvelle répartition prévue dans le canton de Bourg n’est pas fait pour nous rassurer. Les personnels ne sont plus au service du public mais ont des objectifs de vente bien précis et ils sont pénalisés quand ils ne les respect pas. Il faut acheté du téléphone, du timbre, de la lettre suivie pour être bien sûr que notre courrier arrive et maintenant on nous propose même des bijoux fantaisies au bureau de Poste de Blaye !

Dans le Blayais comme partout en France aujourd’hui, les fonctionnaires et les services publics se battent, à travers les syndicats, pour leur salue et pour la défense de ce service qu’ils veulent continuer de rendre au public. Dans leur combat quotidien, ils sont soutenus par les élus locaux et désormais également par la presse. Il n’est pas trop tard pour inverser la tendance, pour sauver ce qui peut encore l’être.


Accueil du site | Contact | Plan du site | | Statistiques | visites : 320019

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site Informations  Suivre la vie du site Infos Générales   ?

Site réalisé avec SPIP 2.1.1 + AHUNTSIC

Creative Commons License