CGT Finances Publiques Gironde

C.H.U. de Bordeaux : 1.000 créations d’emplois nécessaires !

lundi 28 mars 2005 par webmestre

« Mille créations d’emplois nécessaires au CHU de Bordeaux »

Corinne VERSIGNY, infirmière au CHU de Bordeaux et membre CGT du conseil d’administration, témoigne des difficultés, entre autres budgétaires, sur ce grand centre hospitalier (1).

« Cela fait vingt ans maintenant, qu’année après année, restrictions budgétaires après restrictions budgétaires, le CHU de Bordeaux connaît une réduction du nombre de lits. Six cents de moins au total dans les services de chirurgie comme de médecine depuis vingt ans. Autant de lits qui manquent aujourd’hui pour faire face aux besoins et aux demandes des patients. Il y en a assez d’entendre que l’hôpital public coûte trop cher. Nous arrivons à la fin du premier trimestre 2005 sans avoir connaissance encore du budget qui est alloué au CHU. Depuis janvier, nous sommes passés à la tarification à l’acte pour 20 % de l’activité globale de l’hôpital. Mais nous restons dans le flou le plus total. Le directeur de l’agence régionale d’hospitalisation, que nous avons récemment rencontré, nous a indiqué que lui-même ne connaissait pas le budget accordé au niveau régional. Nous en saurons plus le 13 avril prochain, jour de réunion du conseil d’administration.

Dans l’attente, nous continuons à fonctionner comme toujours dans des conditions très difficiles avec des effectifs insuffisants. Nous avions estimé, il y a quelque temps, à cinq cents le nombre d’emplois manquants, toutes catégories confondues. Puis calculé aussi que pour une application normale de l’accord de réduction du temps de travail au CHU de Bordeaux, la création de mille emplois serait nécessaire. Cinq cents embauches seulement ont suivi. Aujourd’hui, nous considérons qu’il manque donc toujours un millier d’emplois. Il ne se passe pas une restructuration de services sans que des postes ne soient supprimés au passage. Deux exemples récents : les cuisines, elles ont subi une hémorragie de dix-sept postes, et le laboratoire d’analyse qui en a perdu une cinquantaine.

La direction du CHU a choisi de gérer ces problèmes en fermant à certains moments des parties de service et même des services entiers pour permettre au personnel de prendre des congés. Ce système de fonctionnement est devenu presque permanent. Par exemple, l’été dernier, mais aussi plus récemment, des services ont été réduits ou fermés en gynécologie, en chirurgie. Des patients sont alors renvoyés vers des établissements privés. En sachant que les cliniques privées rechignent à prendre en charge toutes les activités qui, pour leurs comptes, n’apparaissent pas suffisamment rentables.

Nous venons de vivre, toutes ces semaines d’hiver, une période particulièrement critique dans le service des urgences du CHU. Il est devenu fréquent qu’une trentaine de patients attendent très longtemps sur des brancards dans les couloirs. Le week-end dernier encore. J’ai coutume de dire que dans un hôpital les urgences reflètent la santé générale de l’établissement. Elles sont la vitrine de l’hôpital public.

Déjà, en 1999 et 2000, des grèves ont été menées pour dénoncer cette situation. Les unités d’urgences de proximité, les UPATU, ont été mises en place dans des cliniques privées. Mais elles se sont concentrées pour l’essentiel sur de l’urgence rentable et non, par exemple, sur les besoins de médecine polyvalente pour des personnes âgées confrontées à des polypathologies. Ce qui fait qu’en définitive ces UPATU n’ont jamais réellement désengorgé les services hospitaliers d’urgences. Nous assistons alors à une situation contradictoire quand, dans le même temps, stagne le nombre d’entrées aux urgences alors qu’il est reproché de ne pas totaliser assez d’activité depuis la mise en oeuvre de la tarification à l’acte.

Les entrées ne progressent donc pas aux urgences, mais ces dernières sont toujours aussi engorgées à Bordeaux, car il manque trop de lits de médecine polyvalente pour accueillir en aval les patients qui doivent être soignés. Le directeur du CHU n’hésite pas à affirmer que des lits seraient inoccupés. Sauf que ces lits ne correspondent pas aux pathologies et aux services pour lesquels les malades ont dû être hospitalisés. La direction ne prend pas en compte, par exemple, que les chambres ne sont pas mixtes. Quant aux services hospitaliers de jour ou de semaine, des lits sont récupérés dans ces hôpitaux après avoir déprogrammé des patients de jour ou de semaine pour mettre à leur place les malades envoyés par les services d’urgences.

Nous ne pouvons plus accepter de travailler et de fonctionner dans le cadre d’une logique comptable et technocratique qui n’a plus rien à voir avec les besoins réels de santé publique. Aujourd’hui, les soins sont tarifés à la technicité, ce qui veut dire que tout l’aspect humain, relationnel, celui que tient le personnel soignant est mis de côté. »

(1) Le centre comprend trois établissements, emploie 13 000 personnes au total pour près de 3 400 lits. Six cents ont été supprimés en une vingtaine d’années.


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CHU Bordeaux

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